15.08.2009

La politique et l’économie : une histoire parallèle ?

Et si finalement la politique et l’économie vivaient dans deux mondes parallèles? Elles se côtoient, se regardent évoluer mutuellement, mais ne se rencontrent jamais. Et pourtant les hommes politiques n’ont de cesse de nous expliquer tout ce qu’ils vont faire pour l’économie lorsqu’ils seront au pouvoir. Tout ce que leurs prédécesseurs n’ont pas su faire, eux ils vont le faire. Des exemples? A foison.

«C’est la croissance qui est le moteur de l’emploi! L’année prochaine nous ferons 3% de croissance! S’il le faut j’irai chercher moi-même le troisième point de croissance! Il faut travailler plus pour relancer la croissance et ainsi gagner plus! Il faut travailler encore plus, même le dimanche, même malades! Il faut baisser les impôts de ceux qui peuvent investir dans la croissance! Diminuer l’impôt des riches pour faire de la croissance!»

Que l’on ne s’y trompe pas, d’autres ont en leur temps entonné la même antienne. «Il faut relancer la consommation, augmenter les salaires! Plus il y aura de consommateurs et plus il y aura de travail! Plus il y aura de travail et plus il y aura de consommateurs!»

Las! Malgré toutes les psalmodies des politiques, les imprécations, les agacements, les gesticulations, les promesses, l’économie suit sont cours. Mondiale, globale, dénuée de tout sentiment, sourde et aveugle aux vociférations des politiques. En fait de croissance, elle est négative nous disent-ils maintenant. Le déficit plonge vers des abîmes insondables.

Mais alors vos promesses? demandent benoitement les électeurs.
C’est la crise, elle est mondiale, répond l’élu sans se désarmer. Ce n’est pas de notre faute.
Mais j’avais compris que ce n’était qu’une affaire de volonté, qu’il suffisait de décider la croissance et le plein emploi pour que cela soit.
C’est vrai, mais les autres ne le veulent pas. Les grandes holdings internationales, les banquiers pourris des paradis fiscaux, les retraités américains, les délocaliseurs en série, les Madoff, les chinois… Ouh! Qu’ils sont méchants les chinois. Et nombreux avec ça.

Bon, c’est clair. Les politiques n’ont aucune influence sur le cours de l’économie. D’ailleurs la plupart du temps ils font une annonce, la revoient à la baisse le lendemain, la démentent le surlendemain et pour finir passent à autre chose en comptant sur la capacité d’oubli des électeurs. Ce qui fonctionne somme toute assez bien.

Non, les politiques sont faits pour transmettre des valeurs, projeter les peuples vers l’avenir, veiller à ce que personne ne soit laissé de coté, insuffler de l’éthique. Qu’ils cessent de s’occuper d’économie, ils ne sont pas capables de l’influencer directement. Par contre, lorsque la société aura retrouvé le sens des valeurs, le sens de ce qui fait que nous aimons vivre ensemble, alors peut-être qu’elle regardera avec plus de distance ces faux amis que sont la réussite, la gloire et l’argent.

Frédéric B.

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