25.01.2008
Paris a besoin d’une offre nouvelle, Interview de Marielle de Sarnez
Marielle de Sarnez, tête de liste Modem à Paris, a répondu avec vigueur aux questions souvent percutantes des internautes du quotidien gratuite Metro.
Quelques extraits :
Pensez-vous vraiment avoir des chances de devenir maire de Paris?
Oui. Je suis challenger. Mais je veux créer la surprise. Je crois que c’est possible et que les Parisiens attendent autre chose.
Donnerez vous une (ou des) consigne(s) de vote à Paris au 2ème tour ?
Je veux changer l’esprit de gouvernance à Paris. Je ne crois plus que le critère droite-gauche soit pertinent pour répondre aux attentes des Parisiens dans leur vie quotidienne. Si vous regardez les 36.000 communes de France, plus de 95% d’entre ells sont gérées par un maire qui est entouré d’une équipe qui représente toutes les sensibilités politiques. Je crois qu’il serait temps que Paris soit gouverné de cette façon. Pour moi, la propreté, par exemple, n’est pas une droite ou de gauche.
Quel a été le déclic pour votre candidature?
Depuis ces dernières années, je pense que Paris a besoin d’une offre nouvelle, j’ai vu la vieille habitude politicienne de l’UMP sur la question du tramway, par exemple : cette formation politique votait contre car elle était portée par quelqu’un d’un autre camp. Moi j’ai voté pour car je trouvais que c’était une bonne chose pour Paris. C’est aussi pour cela que je me suis engagé.
Votre candidature à Paris, volonté du cœur ou stratégie?
Volonté du cœur d’abord et puis, stratégie aussi pour changer la façon de faire de la politique, en particulier dans nos villes.
Selon vous, la bataille de Paris se joue-t-elle essentiellement sur le XIIe arrondissement?
Pas essentiellement. Elle se joue pour moi aussi dans la manière d’aborder cette gouvernance. Je trouve que Paris est une ville de plus en plus fracturée, sociologiquement, politiquement, électoralement, entre l’Est et l’Ouest. D’un côté des ghettos de pauvres, de l’autre des ghettos de gens aisés. D’un côté gérés par la "gauche", de l’autre gérés par la "droite". C’est tout cela que je veux changer, je veux recréer l’unité de Paris.
Pouvez nous donner 3 grands axes de votre campagne ?
Je suis omnubilée par la situation difficile des classes moyennes dans notre ville. Si vous êtes un jeune couple de professeurs des écoles avec deux enfants, si vous êtes une mère qui élève ses enfants seuls, la vie est de plus en plus difficile à Paris. J’ai une obsession : c’est la question du logement. Je veux créer des logements intermédiaires, accessibles pour les classes moyennes, pour leur permettre de rester à paris. Je veux aussi améliorer les transports, pas seulement davantage de transports, mais aussi des transports plus confortables. Je veux que la vie soit meilleure, plus agréable, qu’on puisse accéder à une place de crèche plus facilement, inscrire son enfant au conservatoire de musique, trouver des terrains de sport, accéder à des bibliothèques pendant le week-end. Je veux améliorer la ville en créant un parc de 10 hectares au nord de Paris, une coulée bleue le long de la Seine.
vous affirmez un renouveau des têtes de liste
J’ai des têtes de listes formidables, qui sont à l’image de Paris. J’ai douze femmes sur 20 têtes de liste. C’était important de féminiser les équipes et de même beaucoup de diversité, socioprofessionnelle, dans ceux qui portent nos couleurs. J’ai voulu cette liste à l’image de la diversité parisienne.
Faut-il politiser les élections municipales (puisque c’est le sujet de discussion du moment)?
Non, je suis contre, je pense que l’UMP fait fausse route. Les seuls qui doivent être propriétaires des élections, ce sont les Parisiens. On n’est pas là pour l’intérêt d’un parti, mais pour celui des Parisiens. C’est en tout cas ma vision.
que retenez-vous de bon danse bilan de Delanoë? Et de pire?
Je trouve que Bertrand Delanoë a su représenter une certaine modernité en 2001. Je suis d’accord avec lui quand il soutient qu’il faudra diminuer la place de la voiture dans Paris. Je pense cependant qu’il y a des moyens différents pour y arriver. Je l’ai soutenu quand il a mis en place le tramway, de même pour Velib, même si j’ai pu regretter que cela n’ait pas été conçu comme devant se faire au niveau de notre agglomération plutôt que sur Paris intra muros.
Qu’est ce qui peut être amélioré sur Vélib?
Je pense que les utilisateurs devraient pouvoir être associés au signalement des problèmes mécaniques.
Logements sociaux, quel est votre programme?
Je souhaite que Paris atteigne les 20% de la loi SRU dès 2014. Je souhaite qu’on revoie l’équilibre entre les différents types de logements sociaux proposés, qu’on augmente le nombre de logements ultra sociaux et le nombre de logements pour les classes moyennes. Je souhaite favoriser la mixité et donc imposer un pourcentage de logements sociaux dans toute nouvelle construction. Et je souhaite favoriser la diversité au sein même des logements sociaux. Proposer davantage de logements pour les familles et les étudiants, par exemple. Par ailleurs, nous devrons améliorer le taux de rotation du logement social, qui est l’un des plus bas de France. Requalifier certains quartiers de l’Est et du Nord parisien, qui atteignent 40 à 50% de logements sociaux. Et favoriser l’accession sociale à la propriété.
Votre vision de Paris dans 5 ans?
Une ville moins fracturée. Une ville ouverte sur son agglomération. De nouveaux espaces verts, de nouveaux éco-quartiers, des équipements de proximité plus nombreux, des transports confortables et en nombre suffisant. Des rues où les piétons pourront se sentir en sécurité, des pistes cyclables pour les vélos, des places en crèche en nombre suffisant. Des zones trente à côté de chacune des écoles.
Comment vous déplacez-vous dans Paris?
A pied, ou en vélo, ou en métro.
Que voulez-vous faire en matière de sport à Paris?
D’abord rendre plus accessibles les équipements sportifs qui existent, le soir, le week-end et notamment pendant les vacances scolaires. Aider davantage les associations sportives de quartier. Mieux aménager les bois de Vincennes et Boulogne.
Selon vous, les femmes ont-elles autant de chance que les hommes en politique?
Non, c’est plus difficile pour les femmes de faire de la politique que les hommes. Il faut une immense disponibilité, ce qui n’est pas toujours possible, surtout quand on élève des enfants. En même temps, jamais la politique n’a eu autant besoin de femmes pour la faire évoluer. Je suis députée européenne. Au parlement européen, il ya près de 50% de femmes. je trouve qu’on y fait de la politique plus constructive, moins anecdotique. Il y aurait tout à gagner à ce qu’il y ait davantage de femmes dans la politique en France, à tous les niveaux.
09:11 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, de sarnez, municipales, paris, bayrou, 2008


Commentaires
merci beaucoup marc pour cet article qui nous donne une esquisse du programme de Marielle, qui sera normalement annoncé lundi prochain aux médias.
Ecrit par : steff | 25.01.2008
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